Guerre en Syrie : un conflit international

Bachar Al-Assad, au pouvoir depuis mars 2001, refuse toujours de faire les compromis démocratiques longtemps attendus. Celui-ci a annulé toutes les dispositions de la constitution syrienne relatives aux libertés publiques.
L’article 56 de la constitution syrienne du 20 août 1969 stipule que “tout individu a le droit d’exprimer son avis en toute liberté par écrit ou par voie orale, et par tous les moyens d’expression (…). Selon la loi, l’État garantit l’édition, l’impression et la liberté de presse.
La Syrie a par ailleurs signé le Pacte international relatif aux droits politiques et civils de 1975 ainsi que la Déclaration universelle des droits de l’Homme (et principalement son article 26 relatif à la liberté d’expression). Cependant, diverses dispositions d’exception invalident les engagements internationaux et la constitution de la Syrie.
Ainsi, en vertu de l’article 23 de la constitution du régime ‘baathiste’ de 1936 : “l’État est responsable de la garantie de la liberté de presse, de contestation, d’édition, de rassemblement et de parole dans les limites de l’intérêt de l’identité arabo-islamique et offre tous les moyens à la réalisation de cette liberté”.

Le régime du dictateur syrien “Bachar Al-Assad” prévoit la restriction de l’ensemble des libertés individuelles. Les médias sont aussi soumis au décret sur la presse, déclaré en 2003, notamment restrictif. Le régime “Assad” interdit la remise en cause des principes (fondements) intouchables en Syrie : les orientations politiques et les forces armées lancées par “Bachar Al-Assad”, l’unité nationale, le parti ‘baathiste’ et les intérêts du peuple syrien.
Les journalistes, syriens ou étrangers, “falsifiant des documents et rapportant de fausses informations” sont passibles d’une peine de deux à cinq ans de prison.

Une mainmise totale sur les médias privés et publics

Le Premier ministre, Imad Khamis, décide de qui peut être rédacteur en chef, correspondant et journaliste dans le pays. Ainsi, pour obtenir une carte de presse ‘délivrée par le ministère’, les journalistes doivent – obligatoirement – s’inscrire auprès de l’Union des journalistes. L’Union des journalistes est un véritable outil de contrôle aux mains du pouvoir.
Actuellement, le régime du dictateur syrien “Bachar Al-Assad” conserve toujours une mainmise globale sur la télévision et la radio. Sana, l’agence de presse nationale contrôlée par les services de renseignements, donne une vision uniformisée et lisse de l’actualité en Syrie et de sa politique étrangère.
Jean-Pierre Duthion, expatrié depuis huit ans à Damas, raconte sur Twitter (@halona) son quotidien et celui de la population de la capitale syrienne au milieu des combats. Son fil est devenu, en quelques jours, une référence. Il se définit comme un expatrié au sens propre du terme. Jean-Pierre Duthion est devenu la voix de la France, depuis le début de la crise syrienne.