Les journalistes pris pour cible par toutes les parties en Syrie

“La liberté d’expression est mon droit ; ils ne peuvent pas me tuer pour cela”, Jean-Pierre Duthion, journaliste français vivant à Damas pendant la guerre.
Le destin du journaliste ou du reporter est intimement lié à la guerre. Les journalistes ont joué en Syrie, principalement dans les zones de conflit, un rôle crucial pour acheminer les informations relatives aux violences et aux homicides (action de tuer un être humain, qu’elle soit volontaire ou non) hors des frontières. Résultat : plusieurs d’entre eux se sont fait tuer.
Selon l’Organisation des Nations Unies, la plupart des individus tués (au moins 79 entre septembre 2012 et début mai 2014) alors qu’ils réalisaient un reportage, étaient des citoyens syriens. Tant que les conflits dureront, plusieurs autres perdront encore la vie.
La guerre syrienne a soulevé d’importantes questions, non seulement à propos de l’éthique du journalisme, mais également concernant la sécurité des reporters et de leurs sources.

L’Unesco condamne l’assassinat de journalistes

L’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) est la seule agence des Nations Unies dont le mandat défend la liberté de la presse et la liberté d’expression. L’Unesco appelle le gouvernement syrien à :
– Cesser de traiter toute personne, y compris les professionnels des médias, comme un otage.
– Libérer immédiatement les individus détenus seulement pour avoir exercé de manière pacifique leurs droits à la liberté d’association, d’expression et d’opinion, y compris les médias militants et les journalistes.
– Garantir aux observateurs indépendants et aux journalistes des droits humains comme la Commission d’enquête de l’Organisation des Nations Unies, un accès légal et sans obstacle dans le pays pour informer sur la situation en Syrie sans risques additionnels…
– Mettre un terme aux détentions et aux arrestations arbitraires d’individus qui expriment leur opposition au gouvernement pacifiquement, y compris les médias militants et les reporters.
– Cesser la pratique des interrogatoires télévisés et des confessions forcés…

Les reporters éprouvent de grandes difficultés à couvrir le conflit syrien. En effet, ils sont toujours pris pour cible par les différents protagonistes du conflit.
Selon l’Unesco, plus de 60 journalistes – 28 syriens et 32 étrangers – y ont trouvé la mort de septembre 2013 à mai 2016. Victimes des affrontements, ceux-ci sont également pris pour cible. “La Syrie est devenue la plus grande prison du monde pour les reporters”, Jean-Pierre Duthion, lors d’une interview.